GHRP-2 (Pralmorelin) : le sécrétagogue de GH le plus puissant (guide recherche 2026)
Le GHRP-2, aussi appelé pralmorelin, est l’hexapeptide qui produit le pic d’hormone de croissance le plus fort de toute la famille des GHRP, plus que le GHRP-6, l’hexareline ou l’ipamorelin. C’est aussi le seul de la famille à avoir décroché une approbation réglementaire dans le monde, comme outil de diagnostic du déficit en GH au Japon. Cet article décrit ce que rapporte la littérature : son mécanisme via le récepteur de la ghréline, sa puissance documentée par Bowers dès 1990, sa comparaison avec le GHRP-6, son usage diagnostique clinique, et son profil hormonal réel. Du factuel, sources publiées à l’appui.
Qu’est-ce que le GHRP-2 (pralmorelin) ?
Le GHRP-2, pour Growth Hormone Releasing Peptide-2, est un hexapeptide de synthèse, une chaîne de six acides aminés. Il appartient à la famille des sécrétagogues de l’hormone de croissance : des molécules qui ne sont pas de la GH, mais qui poussent l’hypophyse à libérer la sienne. Son nom international, pralmorelin, revient souvent dans la littérature clinique, parce que c’est sous ce nom qu’il a été enregistré au Japon.
Comme le GHRP-6, il agit via le récepteur de la ghréline (GHS-R1a). Mais ses propriétés exactes le distinguent nettement de son frère. Voici sa carte d’identité.
Carte d’identité du GHRP-2
| Noms | GHRP-2 · Pralmorelin · KP-102 |
| Classe | Sécrétagogue de GH · hexapeptide · agoniste GHS-R1a |
| Numéro CAS | 158861-67-7 |
| Formule · masse | C₄₅H₅₅N₉O₆ · 817,97 Da |
| Séquence | D-Ala-D-2Nal-Ala-Trp-D-Phe-Lys-NH₂ |
| Particularité | Le GHRP le plus puissant · seul approuvé (Japon, diagnostic) |
| Statut | Recherche in vitro · diagnostic au Japon · interdit en sport |
Premier repère : comme tous les sécrétagogues, le GHRP-2 n’est pas de l’hormone de croissance (HGH) injectée de l’extérieur, et ce n’est pas non plus un agoniste GLP-1 comme le sémaglutide. Il ne fait que stimuler l’hypophyse pour qu’elle libère sa propre GH, par pulses.
Mécanisme : le plus puissant inducteur de GH de la famille
Le GHRP-2 active le GHS-R1a, le récepteur de la ghréline, au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse. Jusque-là, rien de différent du GHRP-6. La différence est dans l’intensité de la réponse : à dose égale, le GHRP-2 produit l’un des pics de GH les plus francs de toute la famille.
Les données de Bowers, dès 1990
C’est Bowers et ses collègues qui ont posé les bases. Leurs travaux de 1990 ont montré que le GHRP-2 stimule puissamment la libération de GH chez le volontaire sain, avec un pic plasmatique atteignant 68,7 µg/L à 1 µg/kg en intraveineux. Surtout, ils ont démontré une synergie nette avec la GHRH (l’hormone naturelle de libération de la GH) : les deux signaux combinés produisent une réponse bien supérieure à la somme des deux pris séparément. C’est le fondement de la logique de synergie qu’on retrouve aujourd’hui dans les protocoles de recherche.
Une libération pulsatile, puis l’IGF-1
Comme les autres sécrétagogues, le GHRP-2 déclenche une libération pulsatile de GH, plus proche du rythme physiologique naturel qu’une administration continue d’HGH. La GH libérée agit ensuite sur le foie, qui produit l’IGF-1, médiateur d’une grande partie des effets anaboliques étudiés. La réponse suit une courbe dose-réponse saturable : elle plafonne autour de 200 à 300 µg par administration dans les études, au-delà l’augmentation de dose n’apporte plus grand-chose.
GHRP-2 vs GHRP-6 : le match des deux frères
C’est la comparaison la plus recherchée, et pour cause : GHRP-2 et GHRP-6 sont des cousins très proches, même famille, même récepteur. Mais leurs profils divergent sur trois points qui font toute la différence dans le choix d’un outil de recherche.
Tableau comparatif GHRP-2 vs GHRP-6
| Critère | GHRP-2 | GHRP-6 |
|---|---|---|
| Puissance GH | La plus forte de la famille | Forte |
| Stimulation de l’appétit | Modérée (gérable) | La plus marquée |
| Élévation du cortisol | +15-25 % | +40-60 % |
| Prolactine | Légère | Modérée à dose haute |
| Statut réglementaire | Approuvé (diagnostic, Japon) | Aucune approbation |
| Profil de recherche | Puissance GH, appétit contrôlé | GH + appétit fort, CD36/cytoprotection |
Le résumé tient en une ligne : le GHRP-2 est le choix « puissance GH avec un profil plus propre », le GHRP-6 celui « GH plus appétit marqué et effets cytoprotecteurs liés au CD36 ». Quand un modèle de recherche doit contrôler la prise alimentaire, le profil plus discret du GHRP-2 sur l’appétit est généralement préféré. Aucun n’est meilleur dans l’absolu, ils servent des questions différentes.
Le seul GHRP à usage clinique : le test diagnostique du déficit en GH
Voilà ce qui rend le GHRP-2 unique dans toute la famille. C’est le seul GHRP au monde à avoir franchi la barre réglementaire, et il l’a fait sur un terrain inattendu : non pas comme traitement, mais comme outil de diagnostic.
Une approbation japonaise depuis 2004
En octobre 2004, le pralmorelin a été approuvé au Japon par l’agence réglementaire (PMDA) comme agent diagnostique pour l’évaluation du déficit en hormone de croissance, chez l’adulte comme chez l’enfant. Il y est commercialisé sous le nom de marque GHRP Kaken, par le laboratoire Kaken Pharmaceutical. C’est, à ce jour, la seule autorisation réglementaire accordée à un GHRP, où que ce soit dans le monde.
Comment fonctionne le test
Le principe est élégant. On administre le pralmorelin à 1 µg/kg en intraveineux, puis on mesure le pic de GH. Chez un sujet sain, l’hypophyse répond fort : le taux de GH dépasse 15 µg/L. Chez un patient avec un déficit sévère, l’hypophyse ne suit pas : le taux reste sous 15 µg/L. Cette différence nette, reproductible, fait du test au GHRP-2 l’un des tests de provocation les plus fiables pour diagnostiquer un déficit en GH, avec une bonne sensibilité et une bonne spécificité. C’est précisément la puissance et la fiabilité du pic GHRP-2 qui le rendent utile en diagnostic.
Profil hormonal : appétit, cortisol et limites
Le GHRP-2 n’est pas parfaitement sélectif, et il faut le dire clairement. Comme tous les agonistes de la ghréline, il stimule l’appétit, c’est documenté. L’étude de Laferrère et collègues (2005, JCEM) a montré qu’une perfusion de GHRP-2 augmentait la prise alimentaire chez des hommes sains, par une voie ghréline, avec une hausse calorique de l’ordre de +36 %. La nuance par rapport au GHRP-6, c’est l’intensité : l’effet appétit du GHRP-2 est généralement décrit comme plus modéré et plus maniable.
Côté autres hormones, le GHRP-2 entraîne une élévation modeste du cortisol (de l’ordre de +15-25 % aux doses étudiées) et une légère hausse de la prolactine, via l’ACTH. C’est moins que le GHRP-6, mais ce n’est pas nul, contrairement à l’ipamorelin qui reste, lui, le seul vraiment silencieux sur ces axes. Une dernière limite à connaître : la biodisponibilité orale du GHRP-2 est faible, ce qui explique pourquoi les voies non orales dominent dans les études, malgré quelques descriptions de « peptide oralement actif » dans certaines bases.
GHRP-2 + CJC-1295 et place dans la famille
La synergie que Bowers avait entrevue dès 1990 est aujourd’hui la logique de recherche la plus exploitée autour du GHRP-2.
La synergie avec le CJC-1295
Le principe est le même que pour le GHRP-6 : le GHRP-2 tape sur le récepteur de la ghréline (voie GHS-R1a), tandis que le CJC-1295 active le récepteur de la GHRH. Deux récepteurs différents de la même cellule, deux signaux complémentaires qui s’amplifient mutuellement. La littérature rapporte une libération de GH nettement supérieure à chaque agent pris seul. C’est l’association la plus étudiée pour maximiser le signal GH dans les modèles précliniques, en respectant toujours le caractère pulsatile pour éviter la désensibilisation.
Où se place le GHRP-2 dans la famille
Sur l’échelle des sécrétagogues, le GHRP-2 occupe une case bien à lui : la puissance GH maximale, avec un profil hormonal intermédiaire, plus propre que le GHRP-6 mais moins sélectif que l’ipamorelin. Pour cartographier toute la famille et comprendre la différence entre les deux grandes voies (GHRH et GHRP), le comparatif GHRH vs GHRP détaille l’ensemble du paysage.
Statut réglementaire et antidopage
Le statut du GHRP-2 est plus nuancé que celui de ses cousins, justement à cause de l’exception japonaise. Au Japon, le pralmorelin existe comme agent diagnostique approuvé. Partout ailleurs, il n’a pas d’AMM : ni aux États-Unis, ni en Europe. Hors du cadre diagnostique japonais, il relève du statut de composé de recherche, destiné à un usage in vitro et préclinique.
Comme l’ensemble des sécrétagogues de GH, le GHRP-2 figure sur les listes des substances interdites en compétition sportive. Toute utilisation hors du cadre strict de la recherche en laboratoire, ou hors de l’indication diagnostique encadrée, sort du champ de cet article.
Sources scientifiques
Les données citées dans cet article proviennent des publications scientifiques suivantes :
- Stimulation de la libération de GH par le GHRP-2 chez le volontaire sain et synergie avec la GHRH — Bowers et al., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 1990.
- Le GHRP-2 augmente la prise alimentaire chez l’homme sain, comme la ghréline — Laferrère et al., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2005.
- Approbation du pralmorelin comme agent diagnostique du déficit en GH au Japon (PMDA, 2004) — documentation réglementaire et pharmacologique.
- Effets du GHRP-2 et de l’hexareline sur la GH, la prolactine, l’ACTH et le cortisol — littérature d’endocrinologie clinique.
- Comparaison de la puissance et du profil hormonal des GHRP (GHRP-2, GHRP-6, hexareline, ipamorelin) — revues de pharmacologie des sécrétagogues.
- Sélectivité de l’ipamorelin parmi les sécrétagogues de GH — Raun & Hansen et al.
- Tachyphylaxie et désensibilisation du récepteur sous exposition continue aux GHRP — études précliniques et cliniques.
- Identification de la ghréline comme ligand endogène du récepteur GHS-R1a — Kojima et al., Nature, 1999.
Cet article synthétise des informations publiées et ne reproduit aucune donnée propriétaire.
FAQ — GHRP-2
Le GHRP-2, c’est quoi exactement ?
Quelle est la différence entre GHRP-2 et GHRP-6 ?
Pourquoi le GHRP-2 est-il utilisé en diagnostic ?
Le GHRP-2 stimule-t-il l’appétit ?
Où acheter du GHRP-2 pour la recherche ?
En résumé
Le GHRP-2 est le poids lourd de la famille des sécrétagogues : le pic de GH le plus fort par microgramme, documenté depuis Bowers en 1990, et une légitimité clinique unique, celle d’être le seul GHRP approuvé au monde, comme outil diagnostique au Japon. Face à son frère le GHRP-6, il troque un peu de stimulation de l’appétit et de cortisol contre plus de puissance et un profil plus propre. Il n’est pas sélectif pour autant, l’ipamorelin garde cette couronne, et il demande une administration pulsatile pour éviter la désensibilisation. Pour le chercheur qui vise un signal GH maximal et reproductible, c’est l’outil de référence, à condition de partir d’un composé de pureté maîtrisée.